Cervières

Cervières, un village alpin inspirant de la Reconstruction

Architecture des années 50 dans les Hautes-Alpes

En grande partie détruit par un bombardement allemand en 1944, le village fit l’objet d’une reconstruction rapide entre 1950 et 1956. Une quarantaine de fermes, mais aussi une école, un hôtel et plusieurs équipements, furent édifiés à la suite d’un nouveau découpage parcellaire destiné à réorganiser l’ensemble du bourg.

Cette architecture de reconstruction, largement inspirée des formes vernaculaires locales, laisse également transparaître l’influence des chalets des stations de ski dont le développement connaît alors un essor important dans les territoires de montagne. On remarque d’emblée l’absence de clôtures et la générosité des espaces ouverts : un urbanisme particulièrement aéré, même si sa conception répond avant tout à des impératifs fonctionnels.
Les typologies bâties demeurent variées, tout en associant presque systématiquement habitation et exploitation agricole sur plusieurs niveaux, de la cave jusqu’au séchoir. Les ouvertures, l’organisation des balcons, l’intégration des salles d’eau et des sanitaires, ainsi que différents dispositifs techniques favorisant la cohabitation entre les habitants et les animaux, témoignent d’une approche à la fois pragmatique et moderne, pensée pour les contraintes du contexte montagnard.
L’implantation des bâtiments dans la pente génère des décalages subtils qui ouvrent des perspectives sur le vallon et les sommets environnants. Le dialogue entre les constructions anciennes ayant subsisté et les fermes reconstruites compose aujourd’hui un paysage cohérent, dont l’équilibre semble avoir été progressivement affiné par le temps et l’usage.

Architecte : Achille de Panaskhet.
Label Architecture Contemporaine Remarquable.