Le modèle économique largement concentré sur la saison hivernale — quelques mois d’activité seulement — a engendré des opérations d’aménagement dont certaines ont produit des réalisations architecturales notables, comme Flaine. Cette reconnaissance ne suffit toutefois pas à dissiper les interrogations liées à leur implantation dans des paysages de montagne d’une telle ampleur. Beaucoup de ces stations connaissent une forte vacance une grande partie de l’année, donnant parfois l’impression de villes suspendues hors saison. Le réchauffement climatique accentue encore les contradictions d’un modèle reposant sur l’exploitation intensive de territoires déjà façonnés, depuis des siècles, par des pratiques agro-pastorales qui avaient jusque-là maintenu un rapport plus mesuré à leur environnement. Entre prouesse technique, expérimentation architecturale et artificialisation des reliefs, ces ensembles témoignent aujourd’hui d’une obstination spécifiquement humaine à dégrader tous les milieux, y compris les plus grandioses.
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